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Allemagne : vers la persécution religieuse ?

Depuis près de 15 ans, Dirk et Petra Wunderlich mènent un courageux combat pour défendre en justice leur choix d’instruire leurs quatre enfants à la maison, alors qu’une ancienne loi allemande datant de 1918 l’interdit encore aujourd’hui.

En tant que fervents chrétiens, les Wunderlich voulaient instruire leurs enfants à la maison pour éviter de les exposer aux « influences indésirables de l’école allemande ».

Tout commence lorsque le plus âgé des enfants Wunderlich atteint l’âge scolaire en 2005, et ses parents refusent de l’inscrire dans une école. Ils ont alors été condamnés à plusieurs amendes et procédures pénales pour « non-respect de la fréquentation scolaire obligatoire ». La famille a ensuite vécu à l’étranger entre 2008 et 2011 et, à leur retour en Allemagne, a de nouveau refusé d’inscrire les enfants à l’école.

En août 2013, un groupe de 20 policiers et travailleurs sociaux a fait irruption au domicile de Wunderlich et emmené leurs quatre enfants, pour les placer dans un foyer pendant trois semaines. L’État allemand réussira ensuite à imposer la fréquentation scolaire de 2013 à 2014.

En janvier 2019, la Cour européenne des droits de l’homme s’était prononcée contre la famille, affirmant que la fréquentation scolaire est obligatoire afin d’« empêcher l’isolement social » et de garantir l’intégration dans la société. Elle a également estimé que les autorités allemandes avaient eu raison de décider que les parents avaient « mis leurs enfants en danger en ne les envoyant pas à l’école ».

Le 2 juillet dernier, un tribunal national a finalement décidé que les Wunderlich pourraient avoir la garde de leurs deux plus jeunes enfants, encore mineurs, en attendant de renvoyer le cas devant la plus haute instance de la Cour européenne des droits de l’homme. Une grande victoire en attendant la réponse de celle-ci !

Au cours de cette intense bataille juridique, la Cour constitutionnelle allemande avait statué qu’imposer la fréquentation scolaire était justifié au motif que le gouvernement avait comme impératif d’empêcher la formation de « sociétés religieuses ou idéologiques parallèles ».

On peut se demander de quelle « société religieuse parallèle » s’agit-il alors qu’il est question ici de paisibles et pieux chrétiens !

Notons aussi le paradoxe : l’État progressiste vante sans cesse la diversité comme richesse, mais s’évertue à combattre la diversité morale et religieuse, plus particulièrement si elle s’incarne dans le christianisme traditionnel.

Nathalie Burckhardt


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