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Banlieues : le deux poids deux mesures du gouvernement « met en péril tout le pays »

Dans un entretien au Figaro, le directeur du Centre des études arabes et orientales (Ce

Un entretien très éclairant avec Michel Aubouin, ancien préfet et grand spécialiste des banlieues, a été publié sur Valeurs Actuelles le premier mai dernier. En voici quelques extraits.

Pour Michel Aubouin, l’embrasement des banlieues est tout sauf une surprise : « J’avais dit, alors que tout était calme, que la tension allait grimper dans les “quartiers sensibles”. L’ambiance y est toujours éruptive et la moindre étincelle suffit à déclencher des flambées de violence. »

Cet état de fait est hélas aggravé par l’inaction du pouvoir, qui préfère minorer les problèmes parce qu’il ignore comment les résoudre, souligne à juste titre la rédaction de Valeurs Actuelles.

« On ne pouvait l’appliquer [le confinement] qu’en y consacrant des effectifs supplémentaires, car la frange de leurs habitants qui alimente l’actualité de la violence, année après année, avait peu de raisons de se confiner spontanément. Leur espace de vie habituel n’est pas dans les appartements. Et (…) l’individu n’existe pas en dehors du groupe », explique M. Aubouin.

Pour l’ancien préfet, « le ministère sait qu’il n’a pas les moyens de tenir ces quartiers et d’y ramener la paix en cas de contagion des émeutes. »

Pour preuve, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a osé affirmer que « ce n’est pas une priorité que de faire respecter dans certains quartiers les fermetures de commerces et de faire cesser les rassemblements ».

« Les bandes refusent que l’on entre sur leur territoire, explique Michel Auboin. Elles l’ont transformé en un espace hors la loi, où l’on peut rouler en deux-roues sans casque, plonger, le soir, les rues dans l’obscurité et créer du tapage sans être inquiété par les voisins. »

Ainsi, « leurs premières victimes sont les habitants du quartier eux-mêmes, dont le quotidien est devenu un enfer. On trouve parmi eux beaucoup de personnes qui travaillent malgré le confinement (…) et craignent l’incendie de leur véhicule. Ce sont des centaines de milliers de personnes que les pouvoirs publics abandonnent à la loi des voyous », déplore le spécialiste des banlieues.

Quant à la Police nationale, elle « n’a pas les moyens de s’opposer à la résistance violente des quartiers. Le courage des policiers ne suffit pas. C’est la logistique qui fait défaut. »

« Au-delà, le traitement différencié des quartiers, où vit un dixième de la population française, creuse encore un peu plus le fossé entre les territoires juridiques (…) Ce clivage met en péril tout le pays (…) Surtout, à terme, cette logique du deux poids deux mesures va fracturer encore davantage la société française. Quand le point de rupture sera atteint, il sera un peu tard pour trouver des solutions », conclut-il amèrement.

Guillaume Gattermann

Source : https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/societe/banlieues-des-centaines-de-milliers-de-personnes-sont-abandonnees-la-loi-des-voyous-118753

Photo : Capture d’écran YouTube / Villeneuve-la-Garenne, nouvelles tensions après l’accident de moto Le Parisien

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