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En Afghanistan, Daech dresse des enfants-soldats

Implanté dans plusieurs régions de ce pays, l'État islamique renforce ses rangs en formant des « lionceaux du califat », révèle le Figaro du 20 août 2018. Le quotidien français a rencontré à Djalalabad certains d’entre eux qui ont quitté l’organisation et se sont rendus aux autorités :

​« J'acceptais tout ce que me disaient les gens de Daech car ils étaient doués avec les mots», se souvient Mohammed, le regard s'attardant sur la cour de la prison aperçue par la fenêtre. « On regardait des vidéos de combat, on apprenait à utiliser des armes qui tirent plein de munitions en même temps… L'idée, c'était de détruire le système actuel pour mettre en place de nouvelles lois, ici et dans le monde entier. » Les enfants, dont la plupart attendent encore l'issue de leur procès, évitent de relater avec trop d'exactitude le temps passé dans les rangs des groupes armés, au-delà de la formation initiale.

Si les talibans - qui, depuis la chute de leur régime en 2001, combattent sans relâche le gouvernement afghan et les forces internationales - se défendent officiellement d'envoyer au front les garçons encore imberbes, l'EI est plus enclin à recruter de jeunes enfants, note Le Figaro. Depuis l'implantation de la filiale de ce groupe en Afghanistan, d'ailleurs, le nombre d'enfants-soldats dans le pays aurait pris une ampleur inédite.

En mars dernier, le groupe SITE, qui surveille l'activité des groupes extrémistes, a diffusé une série de photographies présentées comme ayant été prises par l'EI au Nangarhar: deux garçons âgés d'environ 5 ans, armes au poing, y mènent des prisonniers jusqu'au lieu de leur exécution. À Kaboul, un responsable des forces de sécurité a assuré au Figaro que la branche afghane de l'EI a déjà envoyé plusieurs enfants perpétrer des attentats suicides : près d'un bâtiment des services de renseignements en décembre dernier par exemple, ou encore dans la zone diplomatique deux mois plus tôt. L'auteur de cet attentat aurait été âgé d'une douzaine d'années. « Les enfants sont moins susceptibles d'être fouillés aux abords des bâtiments officiels », explique au Figaro le responsable, qui ajoute que l'EI a notamment adopté cette tactique pour contrer le renforcement des mesures de sécurité. Dans un documentaire de la chaîne américaine PBS diffusé en 2015, des membres de l'EI au Nangarhar affirmaient déjà inculquer leur idéologie aux enfants dès 3 ans, en vue de les utiliser plus tard comme kamikazes. Dans cette province, l'EI possède sa propre radio et diffuse, parmi ses programmes, une émission destinée aux futurs « lionceaux du califat ».

Toujours selon Le Figaro, l’une des cibles de ses enfants-soldats serait la France où ils pourraient bientôt commettre des attentats…

Nathalie Burckhardt