fbpx
Menu Fermer

Grégor Puppinck : « le désir d’enfant peut conduire à la folie »

Grégor Puppinck, Docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), partage ses inquiétudes quant aux prises de position européennes pro-PMA et GPA, dans un entretien à Valeurs Actuelles.

Il dénonce en particulier la politique actuelle de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) : « De façon sans précédent par son ampleur, la Cour a décidé de juger une série d’affaires de bricolage procréatif. En cause : la séparation complète entre le sexe, la procréation et la parentalité ; l’effacement de la famille biologique comme référence des normes sociales. »

« Ces affaires nous montrent à quel point le désir d’enfant peut conduire à la folie ; et comment cette folie peut devenir réalité grâce à la technique. Devenue réalité, elle s’attaque aux normes juridiques pour transformer ce désir en droits (…) », s’alarme-t-il. 

M. Puppinck cite alors plusieurs exemples, dont nous ne livrons que quelques extraits.

En Allemagne, « la véritable mère d’un enfant conçu avec un don anonyme de sperme s’est plainte de ne pas figurer comme « père » sur l’acte de naissance, au motif que, transsexuelle, elle avait déjà obtenu d’être identifiée comme « homme » sur son propre état civil. Elle voit dans le fait d’être qualifiée de « mère » une violation de ses propres droits (…)»

De même, « deux lesbiennes autrichiennes se plaignent de figurer comme « Mère/Parent » et « Père/Parent » sur l’acte de naissance d’un enfant conçu et porté par l’une, et adopté par l’autre. Elles dénoncent une discrimination par rapport aux parents hétérosexuels (...) et  veulent figurer chacune comme « mère », ou comme « parent » sur l’acte de naissance de l’enfant afin d’effacer toute différenciation biologique. »

« Ces requêtes paraissent insensées, mais elles s’inscrivent dans la continuité de précédents jugements de la CEDH. (…). De décision en décision, il y a bien un effet d’entraînement, de ''pente glissante'', suivant une inclinaison que la Cour semble ajuster au gré de l’époque », déplore le Docteur en droit.

Il avertit : « D’autres affaires suivront, chaque fois plus choquantes, telles que des cas de « multi-parentalité » dans lesquels trois adultes, ou plus, réclameront d’être « reconnus parents » d’un même enfant. De même, plus aucun motif sérieux ne permettra de s’opposer à la libéralisation de la polygamie » ! Une véritable décadence !

En fait, dès lors que le droit se détache de la réalité naturelle au profit de la seule autodétermination, plus rien ne peut l’arrêter. Et il devient très difficile pour le juge de justifier une limitation aux désirs individuels. Cela s’explique d’abord par le fait que la société occidentale a perdu le sens de la nature et du bien commun qui pouvaient seuls justifier une limitation aux désirs individuels. »

Or, continue-t-il, « sans référence au bien commun et à la nature, ces normes sont progressivement dissoutes dans la vie privée. Les droits de l’homme deviennent ainsi le vecteur de l’affirmation de soi et des égoïsmes. »

Il conclut : « C’est la douleur des enfants issus des bricolages procréatifs et familiaux qui nous rappelle le besoin et le droit naturels d’être aimé et élevé par ses véritables parents, dans une famille équilibrée. (…) Céder aux revendications de bricolages procréatifs est une lâcheté face à notre responsabilité de protéger les générations futures. »

Nathalie Burckhardt


Photo : Marche pour la Vie 2015 - Peter Potrowl [CC BY-SA 4.0]
Source : “Droit à l'enfant pour toutes” : la pente glissante de la CEDH

Recommandés pour vous

>