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Hiver démographique en Scandinavie

Lorsque le président du Partido Popular (conservateur) espagnol, Pablo Casado, a proposé début février de restreindre l'accès à l'avortement en raison de l'hiver démographique bien installé en Espagne et de ses menaces sur le système de pensions, la presse nationale et internationale a hurlé à l'atteinte aux droits des femmes. Quand des responsables politiques nordiques réclament des mesures favorables à la natalité – à peu près pour les mêmes raisons – elle relaie aimablement leurs inquiétudes.

Le Premier ministre norvégien, Erna Solberg, a même droit à un commentaire complice et goguenard lorsqu'elle affirme : « La Norvège a besoin de davantage d'enfants ! Je crois que je n'ai besoin de dire à personne comment il faut faire. » Pourtant, elle aussi veut pointer le danger évoqué par Casado : « Dans les décennies à venir, nous allons rencontrer des problèmes par rapport au modèle » scandinave, a déclaré le ministre lors de ses vœux de Nouvel an à la population : « Il y aura moins de jeunes gens pour porter la charge toujours plus lourde de l'État providence. »

Que ce soit en Norvège, en Finlande ou en Islande, qui affichaient il y a quelques années encore des taux de fécondité proches des 2,1 enfant par femme nécessaires au renouvellement des générations dans les pays développés, la natalité s'effondre, avec entre 1,49 et un 1,71 enfant par femme dans ces pays. Une chute qui a démarré au moment de la crise financière de 2008 – mais si l’économie va mieux, la démographie, elle, ne se relève pas.

Ces pays scandinaves se rapprochent désormais de l’anti-« modèle » européen : le nombre de familles nombreuses diminue et les femmes attendent plus longtemps avant d'avoir leur premier enfant, dans un contexte d'incertitude économique et de forte augmentation du coût du logement.

Après des décennies d'interventionnisme étatique dans les économies fortement socialisées du Nord de l'Europe, les solutions proposées sont des plus diverses : en Norvège, un économiste a proposé que l'on donne aux mères l'équivalent de 50.000 euros en épargne retraite pour chaque enfant mis au monde ; un autre suggère au contraire qu'on offre le double, 100.000 euros aux femmes sans enfants à leur 50e anniversaire, parce que les enfants coûtent cher, eux aussi, à la société.

En Finlande, la petite municipalité de Miehikkälä – 2.000 âmes – offre déjà 10.000 euros pour chaque enfant né et élevé sur place, et Anna Rotkirch, sociologue de la famille à la Fédération finlandaise de la famille s'inquiète de voir le nombre croissant de femmes sans enfants en même temps que la proportion de femmes ayant trois enfants ou plus continue de décroître, malgré les mesures politiques favorables aux naissances.

La Suède compte encore 1,85 enfant par femme, mais la fertilité des immigrées joue un rôle de premier plan. Le plus étonnant, c’est qu’en Suède, on puisse s'en inquiéter ouvertement.

Marie Dirix


Source: Babies wanted: Nordic countries crying out for kids

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