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Islamophobie : un aveuglement toujours plus dangereux

« L’islamophobie est une manipulation qui nuit à la paix civile ».  C’est le point de vue implacable-et tellement lucide- du sociologue et directeur de recherche au CNRS Philippe d’Iribarne, dans son essai Islamophobie - Intoxication idéologique, dont voici quelques extraits.

Mr Phillipe d’Irabarne commence par une question concernant les musulmans d’Occident : « Vont-ils se fondre parmi les infidèles, renoncer à vivre dans une société régie par les préceptes de l’islam, en un mot trahir? Ou vont-ils rester attachés à l’oumma, la communauté des croyants, construire un embryon de contre-société islamique en espérant peut-être que l’Occident deviendra un jour musulman, dans un accomplissement de l’épopée conquérante des pieux ancêtres? »

« Face à ce choix, l’image de musulmans subissant l’hostilité de sociétés islamophobes, qui les stigmatisent en paroles et les discriminent en actes, est une arme. » Car, rappelle-t-il, « Les islamistes, Frères musulmans en tête, qui propagent le discours de l’islamophobie ne sont pas des observateurs sans passion du monde social. Ils sont engagés dans un combat. »

Cette image des musulmans « adresse aussi un message au monde occidental: si certains de vos membres et certaines de vos lois luttent contre l’emprise d’une forme de vie inspirée par l’islam, c’est que vous bafouez vos propres idéaux d’égal respect pour toutes les religions. Vous devez accepter cette emprise et poursuivre des foudres de votre justice ceux qui tentent de lui résister. »

« En France, la Commission nationale consultative des droits de l’homme est en pointe pour répandre cette vision. (…) Cette orientation générale est associée au refus d’attribuer aux musulmans ne serait-ce qu’une partie de la responsabilité de la défiance que rencontrent certains d’entre eux, ce qui conduirait à les ‘stigmatiser’ », dénonce le sociologue.

« D’après cette étude, poursuit-il, ceux qui déclarent avoir vécu une expérience personnelle de discrimination sont là encore minoritaires, ce qui est évidemment gênant quand on entend dénoncer une discrimination massive. Pour surmonter cette difficulté les auteurs de l’étude affirment que ceux qui ont été discriminés refusent souvent d’en faire état. »

Il ajoute : « La volonté de promouvoir une société  ‘caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance’ a conduit au refus de tout traitement différencié, en paroles ou en actes, des membres de groupes distincts [ainsi que] à une mise en question radicale de la liberté d’expression. »

M. d’Irabarne apporte une conclusion très éclairante sur l’injustice qui en découle : « La notion d’islamophobie est un leurre forgé pour empêcher la compréhension du réel et interdire à l’esprit critique d’exercer ses droits. Pour ses adeptes, rien ne doit être porté au crédit des Français d’ascendance européenne, cependant que les Français musulmans sont par principe exempts de tout reproche ».

Guillaume Gattermann


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