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Les écrans, une nouvelle forme de maltraitance

Face à l’omniprésence croissante des écrans dans notre vie quotidienne, et en particulier chez plus petits, le docteur en neurosciences et chercheur au CNRS Michel Desmurget tire la sonnette d’alarme dans une tribune du Figaro.

« Chez les enfants, l’exposition précoce aux écrans est un désastre absolu. D’abord, plus l’enfant est initié tôt, plus il a de chance de devenir ultérieurement un usager compulsif. Ensuite, dès 15 à 30 minutes par jour, les études révèlent des effets négatifs significatifs sur le développement de l’intelligence, du langage, de l’attention ou le risque d’obésité. (…) Leur cerveau n’est pas fait pour les écrans », dénonce-t-il.

En effet, « pour apprendre, nos neurones ont besoin d’humain au sens où ils réagissent beaucoup plus intensément à une présence humaine effective qu’à une présence humaine en vidéo. Nos neurones ont aussi besoin de ‘tranquillité’ ; ils ne sont pas capables, sans dommage, de subir le bombardement sensoriel intense des flux numériques actuels. »

Or, s’alarme-t-il, « les temps d’usages des jeunes générations, tous milieux confondus, ne sont pas seulement excessifs ; ils sont extravagants: presque 3 heures quotidiennes à 2 ans, 5 à 8 ans et 7 à l’adolescence ! »

Michel Desmurget est formel : « La quasi-totalité des recherches rigoureusement conduites démontrent un effet négatif de l’usage numérique récréatif sur la réussite scolaire ; aucune ne montre d’effet positif. Par exemple, plusieurs études ont offert un accès numérique à des enfants qui n’en avaient pas. Dans tous les cas cela s’est traduit par un affaissement des résultats scolaires, notamment parce que les usages numériques prenaient du temps sur d’autres activités plus nourrissantes (…) : lecture, devoirs, sommeil, activité physique, etc. »

D’où le risque chez les plus jeunes d’un « effondrement sans précédent des aptitudes langagières, de concentration, de réflexion et de mémorisation ».

Une des solutions : « l’usage numérique devrait relever de la liberté éducative parentale (…), surtout si l’on veut bien considérer que 3 heures quotidiennes d’écrans pour des enfants de 2, 3 ou 4 ans pourrait s’apparenter à une forme de maltraitance développementale. »

Mais, conclut-il, « pour que les parents puissent réellement exercer leur liberté éducative, il faudrait que l’information offerte au public soit sincère et complète. Nous en sommes très loin. (…) C’est là, je crois, une vraie difficulté pour nos démocraties, car les gens ne peuvent agir de manière éclairée que s’ils sont correctement et honnêtement informés. »

Nathalie Burckhardt


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