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Musulmans de France : Islam modéré, vraiment ?

« Depuis deux décennies au moins, on observe le bal des politiques et des médias en recherche de  l’imam ou du théologien providentiel qui viendrait réconcilier Islam et République. » Ainsi commence un article très éclairant de Valeurs Actuelles, publié le 14 mai dernier, sur une figure importante du prétendu Islam modéré : l’imam de Bordeaux, Tareq Oubrou.

Celui-ci s’est  autoproclamé  imam et se prétend théologien, voire métaphysicien. Sans posséder, pour autant, aucun diplôme en rapport avec la « science religieuse », fait remarquer l’hebdomadaire.

A l’occasion de son dernier ouvrage­ – Appel à la réconciliation ! – Tareq Oubrou dispose d’une exposition médiatique importante (…) : une interview sur mesure et à sa gloire dans Le Point. On apprend qu’il a quitté officiellement l’UOIF en 2018 après trente ans d’un activisme militant intense. Or, l’UOIF est la boutique française des Frères Musulmans.

Mais dans la presse en ligne communautaire, Tareq Oubrou rassure : « Il ne s’agit pas d’une rupture. » Et pour cause, la Fédération Musulmane de Gironde dont il est un pilier est une filiale de l’UOIF !

Alors bien sûr, depuis « les attentats de 2015, les Frères Musulmans français ont été obligés de mettre sérieusement en sourdine leur organisation. Mais cela n’a en rien modifié son socle doctrinal qui est celui de l’Islam salafiste. (…) En changeant de nom à la veille de la dernière présidentielle pour devenir « Musulmans de France », le groupe s’est lancé dans la reconquête en adoptant un discours plus mesuré notamment sur l’ostentation religieuse, rapporte Valeurs Actuelles.

Dans quel but ? Tout part de l’idée de « charia de minorité », sorte d’Islam de dissimulation qui doit s’adapter au contexte pour survivre. A cette fin, il faut que le musulman soit le moins visible possible, d’où le récent combat de l’imam de Bordeaux contre les accoutrements islamistes ostentatoires (hijab, revendication sur le halal, etc.).

Ainsi, malgré les apparences politiquement correctes,  le fond idéologique reste le même.
Et de fait, dans une conférence consultable sur YouTube enregistrée dans les années 1990, Tareq Oubrou déclare que « l’Islam est un espoir pour l’humanité, à condition que soit restauré le califat » !! Peu crédible, l’imam « modéré » aura donc du mal à nous vendre aujourd’hui le concept de « djihad intérieur ».

« En projetant dans la lumière des personnages se présentant comme modérés, malgré des parcours fréristes sans ambigüité, tels Tareq Oubrou, les Frères Musulmans sont très bien implantés en Europe,  et continuent leur conquête politique », s’alarme Valeurs Actuelles.

Avec la bénédiction et l’appui de nos dirigeants politiques, « eux qui cherchent à tous prix des interlocuteurs en acceptant de s’aveugler autant sur leur idéologie que sur leur stratégie », conclut la rédaction.

Guillaume Gattermann


Photo : Tareq Oubrou - Matthieu Riegler, CC-by [CC BY 3.0]
Source : Tareq Oubrou : les liens gênants de l'imam “modéré” avec les Frères musulmans

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  • Les imams en Islam sunnite sont tous autoproclamés. Ils sont désignés par les croyants parmi ceux qui sont réputés avoir la meilleure connaissance de la religion et sont capables de conduire la prière. Le niveau de culture de Oubrou ne peut être repéré selon nos critères d’occidentaux, il en est de même pour tous les imams, c’est pourquoi l’on s’attache actuellement en France à leur donner une formation théologique. Démarche difficile car en théorie chaque croyant est détenteur de la foi. En réalité, l’Islam est en crise, profondément divisé, en pleine guerre civile, confronté à la science moderne qui décrédibilise l’interprétation rigoriste de textes vieux de plus d’un millénaire et dont les sources sont contestables. Le monde moderne qui a vu l’homme proliférer sur la planète, atteindre un niveau de connaissances et de bien-être inouï ne doit rien aux apports de l’islam. Cette crise relève de ce constat qui fragilise la foi. Le monde moderne est un monde de mécréants par rapport au rituel religieux traditionnel. Toutes les religions sont atteintes par ce phénomène qui oblige à transcender les croyances et la foi. La pratique holiste de l’Islam finira par s’effondrer face à l’aspiration générale à la liberté individuelle confortée par l’existence des moyens de communication modernes. Il faut être ferme et patient et casser la barricade sémantique de l’islamophobie qui interdit l’accès à cette réalité.

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