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PMA : va-t-on nous mettre devant le fait accompli ?

Le lobby « LGBT » l’attendait pour le mois d’avril, il sera finalement présenté en conseil des ministres
« avant l’été » : le projet de révision des lois bioéthiques a pris du retard malgré un rapport parlementaire favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules. Le gouvernement aurait-il pris peur devant l'opposition à ce projet de création d'enfants sans père ?

C'est le ministre de la santé, Agnès Buzyn, qui a voulu rassurer les féministes, pour la journée internationale des droits des femmes le 8 mars, en expliquant que le report de l'examen du projet de loi ne constituait pas un renvoi sine die. Mais cet « avant l’été » laisse songeur. Va-t-on nous mettre devant le fait accompli d'une discussion en fin de semaine et d'un vote à main levée alors que les forces vives de la Manif pour tous – les familles avec enfants – seront sur la route des vacances ?

Le report a été justifié par l'encombrement du calendrier parlementaire, notamment en raison du
« grand débat » dont la question de la PMA a été délibérément écartée.

Mais quelle que soit la date choisie pour l'ouverture des discussions parlementaires, un « horizon de douze mois » a été annoncé par le ministre chargé des relations avec le Parlement, Marc Fresneau, pour l'adoption définitive. Emmanuel Macron, qui n’est pas en reste sur ce dossier, s'est déjà engagé quant à lui à ce que la loi soit adoptée avant la fin de 2019. Il s'exprimait en ce sens en décembre dernier, alors même que le rapport parlementaire n'avait pas encore paru et que le résultat de la grande consultation sur les lois bioéthiques montre une grande méfiance des Français à l'égard de ces manipulations de la filiation. Les états généraux avaient abouti en juin dernier un rejet à près de 90 % de l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules.

Autrement dit, il y a bien ici une volonté idéologique et même supra-démocratique pour faire exploser le verrou qui protège actuellement de manière légale contre la fabrication d'orphelins de père. Elle s'appuie sur la dénonciation de l'« homophobie » et de la volonté de « discrimination » de ceux qui s'opposent à cette prétendue « avancée ».

Cette argumentation s'est trouvée facilitée par le mode le plus fréquent de l'opposition aux procréations médicalement assistées, en pratique offerte aux seules femmes puisqu’à ce jour, on ne peut pas se passer d'un utérus féminin pour la gestation d'un enfant. L'opposition a spécifiquement visé la question de l'absence de père.

C'est juste, mais ce n'est pas assez. Une remise en cause générale de la fabrication d'enfants en laboratoire eût évité toute accusation de discrimination. La PMA, qui passe par une fécondation in vitro ou par une insémination artificielle, n'est pas conforme à la dignité de la procréation humaine et s'accompagne dans le premier cas de la destruction d'embryons ou de la nécessité de les conserver sans savoir qu'en faire. Il est devenu difficile de le dire, compte tenu des souffrances des couples stériles.

Ne serait-il pas plus humain de favoriser l'adoption prénatale ?

Jeanne Smits


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