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Réseaux sociaux et jeux vidéo engendrent une « génération décervelée »

Dans un entretien publié le 6 août 2018 par le site Reinformation.tv, Susan Greenfield, professeur à l’université d’Oxford et ancienne directrice de la Royal Institution of Great Britain, nous livre des informations capitales concernant l’utilisation massive des réseaux sociaux et des jeux vidéo par nos enfants. D’après elle, ils provoquent une régression cérébrale et une immaturité associée à un âge mental de trois ans.

Capacité à communiquer dans la vie réelle, à éprouver des sentiments d’empathie, à penser par soi-même : ces fruits essentiels de l’éducation sont contrés par l’omniprésence des écrans dans la vie des jeunes. Toute une génération devient ainsi une « génération décervelée », sciemment privée de ses talents et de ses capacités intellectuelles.

Les jeunes adeptes des réseaux sociaux sont bombardés de gratifications immédiates, créant chez eux un besoin d’avoir « à chaque instant quelque chose qui puisse les distraire de façon à entraver leur propre narration intérieure, leur propre processus de pensée interne », explique le Pr. Greenfield.

Elle met en garde : « Ce que je prédis, c’est que les gens seront comme des enfants de trois ans : émotifs, adeptes de la prise de risques, dotés de compétences sociales médiocres et d’une conscience incertaine de leur identité propre, et n’ayant qu’une faible durée de concentration. »

Les enfants ont besoin d’activités comportant un début, un milieu et une fin, comme la lecture de livres, le sport ou le jardinage plutôt que de faire du « multitâche » où tout arrive en même temps et où l’on peut avancer et reculer dans le « temps » du jeu, analyse-t-elle à juste titre. « Faire de l’exercice physique, manger ensemble, et surtout raconter des histoires », des activités essentielles que les enfants ne font plus.

Les responsables de réseaux sociaux et les fabricants de jeux vidéo devraient se « confesser » publiquement des techniques additives qu’ils utilisent pour que leur client reste en ligne. « Si les gens étaient conscients de la manière dont on les manipule, ils se rebelleraient », conclut-elle.

Nathalie Burckhardt