fbpx
Menu Close

Suite de l’entretien exclusif avec l’abbé Guy Pagès « Les pasteurs sont responsables de l’apostasie de l’Occident »

Prêtre du diocèse de Paris et spécialiste de l’Islam, l’abbé Guy Pagès a accordé un entretien sans langue de buis à Avenir de la Culture dont voici la deuxième partie.   Des propos rafraichissant alors qu’une grande partie du clergé s’adonne à la politique de l’autruche. 

Vous avez évoqué le mal-être de nombreux musulmans qui sont en France. Ce mal-être leur vient-il de ce qu’ils voient autour d’eux ?

Il est clair qu’ils sont portés à une attitude schizophrène : d’une part le Coran leur assure que l’islam est la meilleure des religions (Coran 3.110), la seule qu’Allah accepte (Coran 3.19), et d’autre part ils voient non seulement les sociétés musulmanes à la traîne en tous les domaines – sauf celui du terrorisme ! –, mais encore les sociétés mécréantes riches et puissantes, jouissant de libertés et d’inventivité… Pourquoi Allah ne favorise-t-il pas les musulmans plutôt que les mécréants ? Cette contradiction est profondément traumatisante pour les musulmans. Ils vont donc dire : « Nous ne sommes pas assez musulmans ! Nous ne sommes pas assez pieux et fidèles ! » Et cela donne le salafisme, c’est-à-dire la volonté de vivre l’islam de la façon la plus pure qui soit, comme l’ont vécu les mythiques Mahomet et ses compagnons. La solution, c’est donc toujours plus d’islam, toujours de radicalisation, autrement dit devenir toujours plus bêtes et méchants.

On pourrait vous rétorquer : oui, les musulmans disent que Dieu n’a pas voulu d’autre religion que l’islam, mais nous autres catholiques, nous disons très clairement que Dieu n’a pas voulu d’autre religion que celle révélée par son Fils Unique.

Effectivement, les musulmans disent que Dieu ne veut pas d’autre religion que l’islam (3.19), et les chrétiens prétendent la même chose au sujet du christianisme. Le souci dévoyé d’égalité veut que toutes les religions puissent prétendre la même chose, mais il est évident que cela n’aurait aucun sens : comment pourraient-elles toutes déclarer être l’unique vraie religion, sans se couvrir de ridicule en continuant à se prétendre différentes, et ne pas dévaloriser l’unique et vraie religion qui pourrait bel et bien exister ? Seule une vision superficielle, anhistorique, idéologique, peut laisser croire que toutes les religions se ressemblent et se valent. Le Christ est venu accomplir la promesse portée par les prophètes d’Israël de la venue du Messie, le Sauveur, ouvrant l’alliance scellée entre Dieu et le peuple hébreu à l’ensemble de l’humanité. Il a expié par Sa mort nos péchés et nous a ouvert par Sa résurrection les portes de la vie éternelle. On ne voit pas ce que l’islam, ou n’importe quoi d’autre, pourrait apporter de plus à l’humanité. L’imposteur se présente toujours sous les traits de sa victime, et seuls les ignorants et les aveugles volontaires peuvent être ses dupes. Qui peut venir APRES le Christ, sinon l’Antichrist ?

Et le chrétien cherche à convertir le nom croyant par amour, toute la différence est là ! Combien de musulmans y a-t-il aujourd’hui en France ? Les statistiques sont divergentes. Avez-vous une idée de ce que peuvent être aujourd’hui les chiffres réels ?

Vous savez qu’en France les statistiques relatives à la religion et aux origines ethniques sont interdites. Ce qui ne laisse pas d’interroger sur le degré de bonne conscience du Gouvernement face au remplacement de population et à l’islamisation de la France… Il est donc difficile de répondre à vos questions. Néanmoins, il suffit de regarder dans la rue, et un peu partout, pour constater que très souvent nous ne sommes plus en France. Si l’on s’en tient à la publication de l’INSEE relative aux prénoms déclarés à l’État Civil en 2017, on remarque que les prénoms musulmans représentent 20 % de l’ensemble, soit 1 enfant sur 5. Ce taux était de 6,5 % en 1997. Jean-Paul Gourévitch, spécialiste des migrations, a estimé à l’aide de trois méthodes (méthode d’évolution des flux, méthode des origines et méthode du solde migratoire + différentiel de fécondité) que le nombre de musulmans en 2017 en France était de 8,5 millions (Les véritables enjeux des migrations, Éditions du Rocher, 2017, p.111). Le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, Didier Leschi, estime quant à lui qu’en 2018 environ un quart de la population a un lien direct avec l’immigration… calcul qui par définition ne prend pas en compte le nombre de personnes en situation irrégulière. Par ailleurs, selon le Ministère de l’Intérieur et des Cultes, il y aurait 100 000 convertis à l’islam au rythme d’environ 4 000 conversions par an, chiffres contestés par les organisations musulmanes, dont la Grande mosquée de Paris, qui avance le chiffre d’un million de convertis en France en 2013. Par comparaison, seulement 300 musulmans sont accueillis chaque année dans l’Église…

Des statistiques très récentes affirment que dans la catégorie des 19-30 ans il y a plus de croyants musulmans aujourd’hui que de catholiques. C’est un effet de l’apostasie, c’est un effet de la démographie, mais est-ce qu’il y a aussi un phénomène de fascination de l’islam qui amène à des conversions de la part d’Européens et de Français en particulier, et dans quelles proportions ?

L’Ecole républicaine a fait son travail de déculturation de la foi auprès des générations qu’elle a formatées ainsi dans la haine de l’Eglise. Il suffit d’écouter un récent Ministre de l’Éducation nationale pour se rendre compte de l’entreprise. Mais l’Eglise a elle-même gravement failli dans son enseignement catéchétique souvent réduit à la divulgation des droits de l’homme assortie d’une mentalité relativiste au nom de la tolérance identifiée à la charité. Concomitamment elle s’est engagée dans un dialogue inter-religieux qui n’a servi qu’à relativiser sa propre foi, bannissant jusqu’au désir de conversion considéré comme attentatoire au respect de la conscience d’autrui. Le tout conjugué a produit des âmes vides, privées d’anticorps contre les pièges du Démon, toutes prêtes à gober les billevesées de l’Antichrist et de son prophète Mahomet. Je ne comprends pas que face au danger absolu qu’est l’islam l’Eglise ne trouve rien à d’autre à faire qu’à s’interroger sur la possibilité de reconnaître l’homosexualité ou donner la communion aux adultères publics… Les pasteurs portent une très grave responsabilité dans l’apostasie de l’Occident et la damnation présente et à venir des âmes qui leur étaient confiées. Il est vrai que si Dieu n’est pas catholique et a voulu la diversité de religions… La situation est semblable à celle de l’Eglise de Constantinople dissertant sur le sexe des anges pendant que les troupes ottomanes encerclaient la ville. L’islam ne cache pas son ambition de dominer Rome et le monde. Nul doute que si l’Eglise avait le courage de mettre sur la table le danger mortel de l’islam, elle remplirait vite à nouveau ses séminaires et ses sanctuaires !

Hilaire Belloc, qui était le grand ami de Chesterton, a annoncé au début du XXe siècle une grande expansion de l’islam. Il disait que c’est une religion tellement simple et tellement facile à appréhender qu’elle allait séduire beaucoup de gens. Vivons-nous aujourd’hui les suites d’une apostasie qui a été favorisée par l’ignorance religieuse, et qui fait que l’on puisse s’accrocher à des choses aussi simplistes ?

C’est cela. Aux facteurs que je viens d’évoquer : la déchristianisation menée par la société civile et l’affadissement de la foi dans l’Église, s’ajoute le fait que grâce aux innovations pédagogiques de l’Education nationale et à la mainmise de la Gauche sur les médias et la culture, le niveau culturel et intellectuel a considérablement baissé, ce qui ne peut que servir le but de rendre les gens facilement manipulables. Aussi l’islam mettant au service de son entreprise totalitaire les vertus et la religiosité naturelles, apporte aux Français épuisés de vanités, une apparence de vie communautaire, de justice et d’espérance divines. Le paradis et l’enfer redeviennent l’abscisse et l’ordonnée servant à s’orienter et marcher droit. La crainte de Dieu et celle de l’Enfer qu’a perdues l’Eglise tournent au contraire à plein régime en mode islamique. Le juste désir de plaire à Dieu dont l’évidence de l’existence était jusque là niée, est enfin reconnu et exalté. Des règles aussi simples que stupides donnent l’illusion de Le servir. Ainsi la vie se voit-elle dotée de l’assurance qu’elle a un sens, et un sens absolu. Il est facile de comprendre que si la France continue à refuser de rendre à Dieu le culte qui lui est dû, elle apprendra à ses dépens que la Colère de Dieu dont elle se moque si effrontément n’est pas une fable.

Vous avez pour l’islam des paroles extrêmement dures. Vous présentez cela, si je résume, comme une religion du diable. Vous avez parlé de vos sermons, de vos prêches en ce sens, aux musulmans. Comment êtes-vous accueilli ?

Il faut être clair : l’islam est une des têtes de la Bête de l’Apocalypse (Ap 13.1+). Il est vraiment l’Antichrist. Je résume ma prédication auprès des musulmans, et dans l’oreille des chrétiens qui veulent bien l’entendre, par cette seule question : Qui peut venir après le Christ, sinon l’Antichrist ? L’islam est l’Antichrist selon la définition même qu’en donne saint Jean six siècles avant son apparition, laquelle correspond exactement à la raison d’être revendiquée de l’islam : rejeter la foi en la Trinité, en l’Incarnation et en la Rédemption (1 Jn 2.22). Il est un Antichrist d’autant plus dangereux qu’il se prétend religieux, récapitulant même la totalité de la Révélation divine ! Jésus nous a mis en garde contre la venue de faux prophètes après Son départ (Mt 24.4,11,24). Telle est la vérité qu’il faut dire pour le salut des musulmans et des chrétiens ! Les pasteurs qui ne le font pas se rendent coupables de la perdition des uns et des autres. Les musulmans ont le droit de savoir qu’ils ont été trompés, et les chrétiens ont le droit d’être mis en garde contre l’islam et non pas invités à l’accueillir chez eux ! On ne pourra jamais dire trop de mal de l’islam, étant toujours cependant rappelée la distinction entre islam et musulman, en sorte de pouvoir dire : « Je haïs l’islam de toute mon âme, mais j’aime les musulmans comme moi-même pour l’amour de Dieu. » Jésus est venu apporter non pas la paix, mais la division (Lc 12.51). Il est un rocher qui fracasse celui qui s’y heurte, et qui écrase celui sur qui Il tombe (Lc 12.18). Ce Jésus est-Il encore prêché ? Le vrai Jésus est-Il encore prêché ? Qui prêche encore comme les Apôtres : « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Satan ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? (2 Co 6.14-18) » Qui prêche encore comme saint Jean, l’Apôtre de l’Amour, qui a reposé sa tête sur le Cœur de Jésus : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine [i.e. l’Évangile], ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises (2 Jn 1.7-11) » ? Qui prêche comme saint Jude : « Les uns, ceux qui hésitent, cherchez à les convaincre ; les autres, sauvez-les en les arrachant au feu ; les autres enfin, portez-leur une pitié craintive, en haïssant jusqu’à la tunique contaminée par leur chair ! (Jude 1.22-23) » ? Pas de compromission avec le Mensonge, l’Imposture, l’hérésie, l’apostasie ! « Si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! (Ga 1.8-9) » ! Aujourd’hui, on s’aveugle avec l’humanitaire. Comme s’il suffisait de donner de la soupe ou de la manger pour aller au Paradis ! Sans la charité, c’est-à-dire l’union à Dieu, cela ne sert de rien nous a prévenus saint Paul (1 Co 13.3). C’est cette fausse charité qui fait notre faiblesse, parce qu’un musulman, en fin de compte, ce qui l’intéresse, c’est d’échapper à l’Enfer. Il est musulman uniquement pour cela ! Le plat de lentilles en face d’un tel avenir promis ne pèse pas lourd… D’ailleurs, si la Vierge Marie est venue à Fatima montrer l’Enfer, ce n’est pas sans raison : elle savait que nous aurions besoin aujourd’hui de nous rappeler ce dogme… et elle a voulu aussi dire aux musulmans que les chrétiens, malgré les apparences, croient eux-aussi à l’Enfer ! Si le Saint-Siège et l’Etat portugais n’avaient pas mis le holà !, Fatima serait aujourd’hui un lieu de pèlerinage musulman, tant la noria des pèlerins s’était amorcée, convaincus (ce qu’ils sont toujours !) que c’est la fille du « Prophète » qui là est apparue. Si l’Enfer n’existe pas, rien n’est grave, ce n’est pas la peine de prêcher la conversion au prix de persécutions, ni de se convertir, ni de cesser de pécher… Si nous ne retrouvons pas la crainte de l’Enfer, nous ne ferons pas le poids face aux musulmans. « Je vous le dis à vous, mes amis : Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez Celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter en Enfer ; oui, Je vous le dis, Celui-là, craignez-Le ! (Lc 12.4-5) »

En somme, quand on parle à des musulmans, il faut leur faire comprendre que c’est nous qui cherchons à les arracher à l’enfer, et que c’est un langage qu’ils comprennent ?

Exactement. Je vous garantis que tout musulman est musulman parce qu’au fond, il ne veut pas aller en enfer. Je ne vous dis pas que se convertir par crainte d’aller en Enfer c’est la perfection de la charité ― il n’y a pas de charité en islam ―, mais que c’est déjà quelque chose, aussi vrai que la sagesse commence avec la crainte de Dieu et de l’Enfer (Ps 111.10 ; Pr 1.7). En cela, même si leur vision du péché, de l’Enfer, de Dieu, et de tout, est totalement dévoyée, les musulmans ont une attitude plus méritoire que celle des chrétiens pour lesquels tout le monde va au Paradis !

En fait, quand on est face à un musulman, on peut travailler sur cette base.

Oui. Voilà. On va directement au but, on ne perd pas son temps (Cf. Mt 10.14 ; Tt 3.10). La parabole du semeur éclaire bien la situation. Vous la connaissez : le semeur a laissé tomber du grain sur le chemin, puis en un endroit pierreux, ensuite dans les ronces, et enfin dans la bonne terre (Mt 13.3-9,18-23). Si en aucune des trois premières catégories de terrain le grain ne peut porter du fruit, le terrain rempli de ronces et d’épines est l’image parfaite de l’âme musulmane : une âme remplie de calomnies, mensonges et préjugés au sujet de la foi chrétienne. Un musulman sait depuis le berceau que les chrétiens sont coupables du seul péché impardonnable, celui de croire en la Sainte Trinité (Coran 4.48), que leur Bible a été falsifiée, en sorte que quoiqu’ils puissent dire, cela est nul et non avenu d’office. Ce conditionnement anti-chrétien en lequel se résume véritablement l’islam, empêche évidemment toute prédication de l’Évangile. Que fait donc un bon paysan qui veut semer dans un terrain où il y a des ronces ? Il commence par arracher les ronces ! Ainsi, la première chose à faire pour évangéliser un musulman, est de commencer par lui arracher les raisons qu’il a d’être musulman. Et c’est seulement une fois qu’il aura vu que l’islam est faux, parce que contradictoire et monstrueux, qu’il sera possible de lui donner la parole évangélique. Voilà ce qu’à mon avis il faut faire : adopter cette attitude offensive et non pas flatter les musulmans en leur disant que l’islam est une bonne religion que les extrémistes défigurent. « Nous vivons dans la chair, évidemment, mais nous ne combattons pas selon la chair. Non, les armes de notre combat ne sont point charnelles, mais elles ont, au service de Dieu, la puissance de renverser les forteresses. Nous renversons les sophismes et toute puissance altière qui se dresse contre la connaissance de Dieu, et nous faisons toute pensée captive pour l’amener à obéir au Christ. (2 Co 10.3-5) » Ma tactique est aussi simple qu’efficace, et en un temps où le prosélytisme est condamné, elle est moralement inattaquable : elle consiste à poser des questions (j’ai d’ailleurs écrit un livre à cet effet : Interroger l’islam, Mille et une questions à poser aux musulmans). Peut-être posez-vous cette question parce que vous voulez vous convertir à l’islam, raison pour laquelle vous demandez un surcroît d’information ? Votre interlocuteur musulman va donc se mettre en devoir de vous donner la réponse la plus logique possible, et c’est alors que commençant à réfléchir à sa religion, vient aussi la fin pour lui d’être musulman... C’est ce qui s’est passé par exemple pour Joseph Fadelle (qui a eu la bonté de préfacer de façon on ne peut plus élogieuse mon ouvrage) : à la demande du chrétien qu’il voulait islamiser, il s’est mis à lire le Coran en cherchant à comprendre ce qu’il lisait. Cela a suffi pour qu’il rejette la trinité islamique : Allah, Mahomet et le Coran.

Pour autant, et je ne pense pas que ce soit contradictoire, les récits de conversion musulmane insistent beaucoup sur la question de l’amour, cet amour qu’ils ont trouvé et qu’ils n’avaient pas encore. Deux piliers : d’une part, leur sens de la vie éternelle, et deuxième pilier, leur besoin d’amour. Est-ce que cela est suffisant à votre avis pour entraîner, si Dieu le veut, un jour une vraie conversion massive ?

Je pense que ce sont là effectivement deux piliers importants sur lesquels faire reposer l’œuvre de leur conversion. Il faut cependant en ajouter un troisième pour que l’édifice soit stable : la démonstration rationnelle, logique, et de l’inanité de l’islam et de la congruence de la foi chrétienne. Leur parler en vérité, sans chercher à leur plaire, en témoin de la vérité (Jn 18.37) désireux de leur salut et de rendre gloire à Dieu, est une preuve indubitable d’amour pour eux à laquelle ils sont vraiment sensibles. Plusieurs – Dieu merci ! – se sont convertis ainsi. Il y a plusieurs façons pour un musulman de rencontrer le Christ. L’une d’elles est l’expression de l’amour chez les chrétiens (Jn 13.35). Je connais plusieurs « migrants », qui, de fervents musulmans, bouleversés devant ce qui reste de charité dans notre société, ont compris que la vraie religion était chez les chrétiens. Alors que dans leur pays l’islam méprise les chrétiens et les humilie, voilà qu’ici les mécréants voués au feu de l’Enfer les accueillent, prennent soin d’eux, leur donnant gratuitement CMU, logements, nourritures, formations… Ce témoignage de l’amour désintéressé est un puissant argument apologétique, c’est vrai. On peut ajouter la lecture de la Parole de Dieu, lorsqu’elle leur est offerte…

Donc ce que l’on doit faire si l’on aime les musulmans, et non pas l’islam, c’est les amener à mieux connaître leur propre religion ?

Voilà, exactement ! En leur posant des questions. Par exemple : Allah parle à Mahomet dans le Coran. Or le Coran est censé être la parole éternelle d’Allah. Mahomet est-il éternel ou non ? Ou bien : Si Jésus est la Parole de Dieu (Coran 4.171 ; 6.73) et que tout a été créé par la Parole de Dieu (Coran 6.73 ; 16.40), alors Jésus n’a pas été créé, ou S’est créé Lui-même. Dans les deux cas, peut-Il ne pas être Dieu ?

Nous sommes partis de l’immigration, de l’immigration massive. Nous sommes donc face à cette immigration massive, dont on a pu dire que c’est une immigration-invasion. Qui dit invasion dit guerre. Qui dit guerre dit arme. Quelle est la bonne arme ? Sont-ce des armes de fer ou d’acier, et faut-il verser le sang ? Ou sommes-nous appelés à autre chose ?

Il faut savoir utiliser toutes les armes, mais chacune en son temps et de la manière qui convient. Le Catéchisme énonce à quelles conditions l’usage de la force militaire est légitime : « Que le dommage infligé par l’agresseur à la nation ou à la communauté des nations soit durable, grave et certain. Que tous les autres moyens d’y mettre fin se soient révélés impraticables ou inefficaces. Que soient réunies les conditions sérieuses de succès. Que l’emploi des armes n’entraîne pas des maux et des désordres plus graves que le mal à éliminer. L’appréciation de ces conditions de légitimité morale étant laissée au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. (n° 2309) » Il est évident que lorsque le rapport démographique sera en faveur de l’islam, celui-ci instaurera ce pour quoi il existe : soumettre à la loi d’Allah ce qui ne l’est pas encore. Il suffit d’étudier un brin l’histoire de Mahomet ou de l’islam pour s’en convaincre, ou bien encore écouter un récent chef d’État européen : « Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques. […] La renaissance islamique ne peut commencer sans une révolution religieuse, mais elle ne peut se poursuivre et être menée à bien sans révolution politique. Notre première tâche doit être de gagner non le pouvoir mais les hommes. […] Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Nous devons être des prêcheurs et ensuite des soldats. […] Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique (Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000, Déclaration islamique, 1970). » Même le très politiquement correct recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, le reconnaît : « L’islam ne doit pas être considéré comme une simple religion […] C’est un phénomène sociopolitique, c’est une idéologie de lutte et d’agression (BFM TV, 3.01.2011). » M. Erdogan, actuel Président de la Turquie, est clair lorsqu’il s’adresse aux immigrés turcs à Paris en avril 2012 : « Personne ne peut vous demander d’être assimilés. Pour moi, le fait de demander l’assimilation est un crime contre l’humanité. […] La France vous a donné droit à la double nationalité. Pourquoi ne la demandez-vous pas ? Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque. » Quelque temps auparavant, il avait déclaré : « Les minarets sont nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées nos casernes et les croyants nos soldats (06.12.1997). » Bref, nos dirigeants ne peuvent avoir l’excuse de ne pas savoir ce qu’est l’islam. Mais y a-t-il pire sourd que celui qui ne veut pas savoir ? Considéré comme relevant seulement de la sphère privée, l’islam se voit honoré par une civilisation qu’il se doit de détruire… L’islam-religion jouant du respect de la liberté de conscience est le cheval de Troie utilisé chez nous pour atteindre le but du djihad : soumettre l’humanité à Allah. Au lieu d’accepter de voir l’islam tel qu’il est et non tel que nous le voudrions, la France et l’Occident s’islamisent volontairement en favorisant une immigration musulmane de masse. En France, pour acheter l’éphémère vote musulman et « le vivre ensemble », la circoncision est remboursée, la polygamie tolérée, financée par les allocations familiales, le ramadan célébré par l’Etat, la loi contournée pour construire centres culturels et mosquées, les programmes scolaires et l’enseignement de l’histoire falsifiés au profit de l’islam et au préjudice de la foi chrétienne, la justice pratique la discrimination positive, et appuie le djihâd judiciaire pour faire taire toute critique de l’islam, etc. Déjà, au lieu d’aider l’Eglise à évangéliser ses colonies, la France y a financé les lieux de culte musulmans, salarié les imams, organisé les pèlerinages à la Mecque, tandis qu’en métropole elle interdisait les congrégations religieuses catholiques, expulsait par dizaines de milliers leurs membres, préemptait leurs biens immobiliers, et plaçait ses pièces d’artillerie devant abbayes et monastères… Résultat : elle a perdu ses colonies et se trouve maintenant islamisée sur son propre sol ! Il y a une justice immanente.

Mais les Français pourront-ils résister à l’islam tant qu’ils ne seront pas chrétiens ?

Non. Comme l’affirmait Charles de Foucauld : « Tant qu’ils ne seront pas chrétiens, ils ne seront pas Français ». La France est sortie des fonds baptismaux avec Clovis. Notre Seigneur tout au long de son histoire a manifesté Sa sollicitude particulière pour elle. Il l’a appelée à revenir à Son cœur par le Message de Paray-le-Monial. Et la Vierge Marie, Patronne de la France, n’a pas ménagé ses peines pour nous obtenir salut et liberté. Qu’il suffise de rappeler son apparition à Pontmain en pleine guerre de 1870 : « Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps »… C’est un fait que je constate souvent : étudier l’histoire de notre pays a conduit nombre de musulmans à Jésus-Christ. Ils deviennent alors en retour de très fervents patriotes. Nous parlions des armes tout à l’heure. Face à cette malédiction de l’islam, notre première arme est la prière pour la conversion des musulmans, ce à quoi est précisément consacrée la prière de l’Angélus, dont nous devons reprendre la dévotion si nous ne voulons pas que des rares clochers d’où il sonne encore ce ne soit bientôt le muezzin qui y résonne... Puis il y a le devoir d’évangéliser. Chacun se doit d’évangéliser son prochain musulman, et la société d’organiser des débats contradictoires publics forçant les musulmans à exposer et défendre leurs raisons d’être musulmans, de sorte que l’islam apparaisse au grand jour, au lieu de le laisser prospérer dans les ténèbres… Et il faut enfin sanctionner pénalement toute publication ou acte en contradiction avec nos principes législatifs et constitutionnels.

Une question un peu plus politique. Il y a aujourd’hui dans une certaine frange de la « droite » de la droite française une tendance à favoriser l’islam, en particulier l’islam chiite, comme force anti-américaine. Que pensez-vous de cela ?

Les États-Unis sont certes responsables de beaucoup de malheurs dans le monde, mais je ne vois pas comment la résistance à leur hégémonie, comme d’ailleurs à toute entreprise mauvaise, pourrait être de dresser les gens les uns contre les autres. A quoi cela pourrait-il aboutir sinon à accroître le mal dans le monde, et fortifier l’islam ? Est-ce vraiment souhaitable ? Dieu, qui nous a parlé par l’histoire d’Israël, nous a appris que chaque fois que ce petit peuple a cherché des alliances avec ses voisins pour échapper à la menace de l’un d’eux, il s’est retrouvé durement châtié. La leçon était qu’il fallait compter sur Dieu, le Maître de tout, et elle est toujours valable. La solution est pour tous dans l’amour de Jésus, qui a « reçu tout pouvoir au Ciel et sur la terre (Mt 28.18) ». « Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux as ? Et pas un d’entre eux n’est en oubli devant Dieu. Bien plus, vos cheveux mêmes sont tous comptés. Soyez donc sans crainte ; vous valez mieux qu’une multitude de passereaux. (Lc 12.6-7) »

Il y a des conversions de musulmans que vous avez pu accompagner. On parle beaucoup des musulmans qui ont des visions, des rêves... L’avez-vous constaté, et pensez-vous que Dieu ait cette miséricorde, cet amour pour les musulmans de vouloir les attirer ainsi à Lui ?

Notre Seigneur, surtout dans les pays musulmans où l’expression publique de la foi chrétienne est pénalement et gravement sanctionnée, n’a guère d’autres moyens de les atteindre… L’islam a enfermé les âmes musulmanes dans une prison à quatre enceintes concentriques formées de l’ignorance, de la peur, de l’orgueil et de la haine. A moins d’un miracle, d’un songe, Dieu ne peut pas les atteindre par les médiations humaines, la culture, les arts, le dialogue inter-religieux, la philosophie… Le n° 220 du Code pénal marocain punit le fait d’ébranler la foi d’un musulman de six mois à trois ans de prison et d’une amende de 500 dirhams. L’Algérie le sanctionne de cinq ans de prison et d’une amende de 500 000 à 1 000 000 dinars (depuis mars 2006). Il y a de quoi mettre à rude épreuve le zèle des missionnaires chrétiens… En Egypte, une femme et ses sept enfants ont été condamnés chacun début 2013 à quinze ans de prison pour s’être convertis au christianisme (15 ans !). En Arabie saoudite, il est interdit de posséder une Bible, un chapelet ou une image pieuse, et le simple fait de prier chrétiennement, même en famille, peut valoir la peine de mort aux immigrés philippins. Tout travailleur immigré ne pratiquant pas le ramadan est expulsé d’Arabie saoudite. En septembre 2013, le grand mufti d’Arabie saoudite a même demandé à ce que du sol saoudien soient extirpées les fondations des antiques églises et monastères chrétiens que l’on y découvre régulièrement...

Sauf ce que vous disiez tout à l’heure : la réflexion rationnelle, mais qui n’est pas si simple pour un musulman.

J’ai rencontré des ingénieurs musulmans capables à la fois d’exceller dans l’usage de l’examen critique propre aux sciences, et de se dire fervents musulmans. Cela ne les gênait nullement de ne pas interroger leur foi, comme ils le faisaient des problèmes liés à leurs activités professionnelles. Un mur étanche sépare pour le musulman le monde de la foi de celui de l’expérience et de la réflexion. Il y a là une schizophrénie, source de toutes les folies.

Et nous qui vivons hélas dans des pays apostats, notre premier devoir est peut-être de prier ?

Je ne vois rien en effet qui puisse sauver l’héritage du Christ qu’un miracle obtenu par la Vierge. Que l’on se rappelle Covadonga, Pontmain, Lépante… Le rapport des forces en présence est très largement défavorable au petit troupeau du Seigneur (Lc 12.32) qui doit faire face à une radicalisation et une expansion foudroyante de l’islam, à un accueil toujours plus large de l’islam par l’Occident apostat, et à une Eglise déboussolée et discréditée. Tout à l’heure nous parlions de l’immigration, laquelle me fait penser à ce verset de l’Apocalypse : « Satan s’en ira séduire les nations des quatre coins de la terre, Gog et Magog, et les rassembler pour la guerre, aussi nombreux que le sable de la mer (Ap 20.8) »… Comment ne pas y voir la description de l’invasion musulmane actuelle, depuis la Norvège jusqu’à l’Australie, depuis l’Argentine jusqu’aux Philippines ? Partout, en Suède, au Canada… la mode est à l’islam. M. Erdogan, se voyant bien sans doute en nouveau Calife, annonce que « l’islam est l’avenir de l’Europe ». Ce n’est pas moi qui le dis… A l’instant où je relis cet entretien, des foules de jeunes d’origine algérienne fêtent la victoire de l’équipe de balle au pied d’Algérie sur les Champs Elysées – où plusieurs magasins viennent d’être dévalisés (razzia oblige !) – aux cris de : « On a gagné ! On a gagné ! »


Photo : Abbé Guy Pagés © Georges Martin

Recommandés pour vous

>