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« Touche pas à ma crèche ! »

Depuis quelques années, la période de Noël coïncide, hélas, dans notre pays avec la chasse aux « crèches » entreprise par les laïcards de tout poil. Cette année, un nouveau palier a été franchi dans l’intolérance anti-chrétiens avec l’attaque de deux crèches, l’une à Toulouse, l’autre dans un petit village auvergnat.

Dans les colonnes de Valeurs Actuelles, le Père Danziec s’interroge sur la lente déchristianisation de Noël.  Nous reproduisons ici les principaux extraits de cette tribune salutaire :

« Le soutien est de marque. Le Pape François, dans une lettre apostolique adressée au monde entier le 1er décembre dernier, développe un argumentaire solide pour défendre la crèche. Une pratique traditionnelle qui, selon lui, ne doit pas se perdre (…) “ Par cette lettre je voudrais soutenir la belle tradition de nos familles qui, dans les jours qui précèdent Noël, préparent la crèche. Tout comme la coutume de l’installer sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, sur les places publiques… ” Avec une bénédiction pareille, les apôtres de la libre pensée ne manqueront pas de voir dans ces lignes une provocation gratuite et un crime en lèse-laïcité (…)

Chaque année sur les rails du self, à la cantine des polémiques, le plateau de décembre nous offre au menu le sujet des controverses autour des crèches. A l’origine, ces confections sont l’œuvre d’un marseillais, Jean-Louis Lagnel, “père” de la crèche provençale. En pleine Révolution française, alors que le régime de la Terreur interdisait toute représentation théâtrale des mystères religieux sur les parvis des églises, les Provençaux sont obligés de se réfugier dans une pratique familiale de la foi et l’usage se répandit alors de monter une crèche dans chaque foyer.

La coutume, née en raison d’une persécution, perdurera une fois la paix religieuse revenue sous Napoléon et deviendra tradition. Mais au-delà de santons, somme toute inoffensifs, on mesure combien l’identité chrétienne de Noël, plus de deux siècles après, continue de déranger.

Car au fond, dans un occident aux racines chrétiennes éprouvées, que reste-t-il de mystérieux dans la célébration de Noël au milieu d’un univers spirituellement aplati ? Que représente cette fête liturgique pour nos sociétés postmodernes ? Des illuminations dans nos villes ? Des retrouvailles en famille autour d’un repas délicieux ? Un échange de cadeaux ? Et, si ceux reçus sont de choix, l’occasion de se mettre en avant par après devant ses collègues ? (…)

A dire vrai, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on peut distinguer deux phénomènes qui tendent à modifier en profondeur la transcendance de Noël : le multiculturalisme et la société de consommation. L’effritement de la culture occidentale suite aux vagues migratoires successives, s’est conjugué en effet à des idéaux d’ouverture. Au motif de respecter les autres cultures, il convient désormais de mettre la sienne sous le boisseau. Expressions d’une culture, rappels d’un passé, symboles de racines, la crèche, et le Noël chrétien dans son ensemble, témoignent d’une identité traditionnelle qui pourrait gêner celui qui est différent. Ainsi, a-t-on pu voir, dans le registre de la culpabilisation, une école italienne recommander à ses élèves de ne pas utiliser le mot  “Jésus  ” dans le but de ne pas offenser « certains élèves ». Matteo Salvini en avait alors profité pour rappeler lors d’un meeting que “ Noël, c’est la naissance du petit Jésus, et si ça ne te plaît pas, tu repars d’où tu viens. Si tu n’aimes pas la crèche, si tu n’aimes pas les cloches, si le crucifix te dérange, vas-y, pars ! Le monde est grand ! ”

Dans le même temps, la société de consommation a pressé le champ lexical autour de la fête liturgique de la Nativité à lentement glisser vers celui des  “ fêtes de fin d’année”. Plus larges. Plus étendues. Et on l’aura compris, plus commerciales (…).

On croit rêver d’en arriver à devoir lutter contre la déchristianisation de Noël. Le slogan qui consiste à affirmer “ Noël, oui. Jésus, non ” est d’un absurde sans nom. (…) Plus de deux millénaires après sa venue historique sur terre, toutes ces polémiques montrent combien l’enfant Jésus éprouve encore des difficultés à naître dans tous les cœurs. Comme les hôtes sollicités par le bon Saint Joseph, il se trouve toujours actuellement hélas des personnes qui gardent leur porte fermée. Hier comme aujourd’hui, ils ont bien tort. »

Antoine Béllion


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