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Un nouvel arrêt de la CEDH ouvre les portes à la charia

Dans un entretien au Figarovox publié le 26/12/2018, Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice, s’est longuement exprimé sur le dernier arrêt de la CEDH concernant l’application de la loi islamique en Europe. En voici les extraits les plus frappants.

« La charia a-t-elle sa place en Europe? Si oui, à quelles conditions? Ce sont les questions que se posent actuellement les instances du Conseil de l'Europe», introduit Grégor Puppink.

En effet, « jusqu'au 18 décembre dernier, la Cour européenne des droits de l'homme estimait que la charia est, dans son principe même, incompatible avec les valeurs de la démocratie et des droits de l'homme. Tel n'est plus le cas aujourd'hui : la Cour accepte maintenant son application en Europe à certaines conditions, malheureusement imprécises», dénonce-t-il.

Par exemple, « en 2003, la CEDH avait validé la dissolution d'un parti politique islamiste au motif qu'il souhaitait instaurer la charia en Turquie. Les juges de Strasbourg avaient alors conclu à ‘l'incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie’.» Cela appartient désormais à de l’histoire ancienne, hélas !!

Le docteur en droit explique que « la Cour estime d'abord qu'un État peut, s'il le souhaite, «créer un cadre juridique déterminé pour accorder aux communautés religieuses un statut spécial impliquant des privilèges particuliers». En d'autres termes, un État européen peut accorder à sa communauté musulmane la liberté d'être régie par des normes de la charia, sans que cela soit contraire à la Convention européenne des droits de l'homme. » Ce qui peut avoir évidemment des conséquences dramatiques !

« La Cour suppose que «le choix en question est parfaitement libre, pourvu qu'il soit éclairé» (…) Or le consentement ne suffit pas à garantir la liberté (…) quand on sait à quel point l'islam peut constituer une société fermée, il y a lieu de s'interroger sur la véritable liberté d'en sortir, d'autant plus que la charia punit de mort l'apostasie. Il y a une grande hypocrisie à estimer que le consentement suffise à garantir la liberté, peut-être aussi une certaine lâcheté», analyse justement Mr Puppink.

« Plus encore, en acceptant le principe même de l'applicabilité de la charia en Europe, cet arrêt permet aux partis politiques qui en veulent l'application, de prétendre agir «dans le respect des droits de l'homme», s’alarme-t-il.

Grégor Puppink met en garde : « C'est au regard de la même valeur de «liberté religieuse» que la Cour européenne permet l'interdiction du port public de la burqa tandis que le Comité des droits de l'homme des Nations unies s'y oppose. En droit comme à la bourse, le propre des valeurs est de fluctuer. Face à elles, en revanche, la charia semble jouir d'une grande stabilité. (…) Ce qui risque d'arriver, c'est l'introduction de la charia, par la volonté individuelle, dans les droits de l'homme: c'est ‘le droit à la charia’ » !!

« Seul un retour à une compréhension objective des droits de l'homme, fondée dans le droit naturel, permettrait d'échapper à l'individualisme libéral puis à la charia », conclut-il.

Guillaume Gattermann